La COVID profitera-t-elle au taux d’appréciation de Trump dans les sondages?

Suite à l’annonce de son résultat positif à la COVID-19, plusieurs se demandent si Trump réussira à remonter dans les sondages comme l’a fait Boris Johnson en mars dernier. Il est peu probable que Trump réussisse ce tour de force.

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Au printemps dernier, le premier ministre britannique Boris Johnson a vu son taux d’approbation passer de 34 % à 51 % entre le 6 avril, moment où il a été admis aux soins intensifs après avoir été diagnostiqué positif à la COVID, et le 12 avril, lorsqu’il a finalement quitté l’hôpital. Cette hausse marquée fut le résultat de la sympathie du public pour le premier ministre.

Maintenant que Trump a reçu un diagnostic positif, on serait tenté de faire un parallèle entre les deux hommes politiques. Il est toutefois très peu probable que Trump voit son taux d’approbation grimper autant que celui de Boris Johnson suite à son diagnostic et à son hospitalisation.

Certes, les deux hommes sont médicalement considérés comme étant obèses. À 74 ans, Trump a dix-huit ans de plus que le premier ministre britannique. Tous deux faisaient donc partie de la catégorie de gens à risque élevé de contracter la maladie.

Pour sa part, Johnson a été admis aux soins intensifs où son état a été jugé critique pendant un certain temps. Il a ensuite passé un total de deux semaines à se rétablir à la résidence de campagne réservée aux premiers ministres après avoir quitté l’hôpital le 12 avril. Son retour au travail a donc été favorablement accueilli par la population. Pour l’instant, Trump ne semble subir que de légers symptômes et sa vie ne serait pas menacée.

Maintenant, il faut savoir qu’il y a des distinctions importantes concernant la situation des deux hommes. Pour y voir plus clair, faisons un retour au début de la pandémie.

D’abord, contrairement à Trump qui la nie catégoriquement depuis le jour 1, Johnson n’a pas minimisé la menace du coronavirus. Bien qu’au tout début, le premier ministre britannique a résisté aux appels à un confinement, des mesures strictes ont finalement été prises tout en prévenant la population que des restrictions pourraient être laissées en place pour au moins six mois.

Pour sa part, Trump a d’abord commencé par nier publiquement que le virus était sérieux, déclarant devant la nation qu’il disparaîtrait « par miracle » d’ici la fin du mois de mars. Il n’a cessé d’en minimiser la gravité dans les points de presse. Toutefois, les récentes versions de ses appels téléphoniques avec Bob Woodward démontrent clairement le contraire, alors qu’il admet que la situation est préoccupante. Malgré tout, il s’est entêté et a refusé de mettre en place des mesures sanitaires nationales. Il a minimisé l’efficacité de l’utilisation des masques ainsi que la distanciation sociale, et a carrément passé les six derniers mois à s’opposer à tous types de fermetures d’entreprises ou d’écoles, même temporairement, dans le but de freiner la propagation du virus. Son approche était à l’opposé de celle de Johnson.

Ensuite, ce qui distingue Trump et Johnson est leur attitude face au peuple qu’ils représentent. On ne compte plus le nombre de personnes et de groupes que Trump a insultés. Cette liste est interminable et il a brûlé de nombreux ponts. Ainsi, sa cote d’appréciation est nettement plus basse et outre sa base, il n’attire pas la sympathie des indécis qui envisageraient de voter pour lui dans moins d’un mois.

Il est également important de noter que le bond du premier ministre Johnson dans les sondages après son passage aux soins intensifs n’a pas duré longtemps ; il est retombé à 39 % à peine un mois après sa sortie de l’hôpital.

Bref, le diagnostic de Trump et son admission à l’hôpital Walter Reed n’auront que très peu ou pas d’impact dans sa cote d’appréciation. Les quelques points qu’il gagnera ne suffiront pas à le pousser vers ce dont il a besoin pour gagner le collège électoral.

Ce qui représente le contraste le plus flagrant est la réaction des homologues de Trump lorsque la nouvelle de son diagnostic positif a été annoncée. Son rival aux prochaines élections et ancien vice-président Joe Biden a aussitôt souhaité un prompt rétablissement au président et à la première dame. Il n’en fallait pas plus pour comparer la réaction de Trump à la pneumonie d’Hillary lors de la campagne de 2016.

Le manque d’empathie sera définitivement ce qui empêchera Trump de répéter son « exploit » en novembre prochain.