A Message To Canadians Fearing A Trump Presidency

A Trump president just over the border. Imagine!

As a former U.S. political operative now living in Montreal, I often get asked if Trump has a real chance at winning the presidency. People then follow up by stating « but he is close to Hillary in the polls » or even « he is up by two points in a most recent poll! »

In the recent weeks, both major political parties have held their conventions and the result was Donald Trump seeing a convention bump giving him a brief two to three per cent lead over Hillary Clinton. However, this was short-lived as leads were reversed following the Democratic National Convention.

If Donald Trump is ahead in some polls now or in the future, the factor you should take into account is the electoral college. This is where the Clinton campaign began a well-coordinated organization by establishing a strategic ground game in all 50 states, and specifically within certain ones to win a certain number of electors to bring them to a certain amount the campaign believes it can win with.

A brief overlook at the electoral college: It is made up of 538 electors. The minimum that is needed to be elected president is 270 (assuming it is only two candidates from two parties who win electors.) Each state’s entitled allotment of electors equals the number of members in its congressional delegation: one for each member in the House of Representatives, plus two for its senators.

Given this, projections indicate the Clinton campaign has pulled ahead in traditionally Republican states such as Utah, Colorado, Virginia and Florida, and now it looks like the Trump campaign should worry about losing the long-time solid Republican state of Virginia, whose status has shifted to a toss-up just leaning Republican.

Mr. Trump’s campaign is focusing on a smaller map of swing states that were must-wins in the last few presidential elections for Republicans, but this strategy puts him on a path that forces his campaign to put Pennsylvania as an absolute must-win state. The Trump campaign is trying to position themselves to win the Rust Belt state of Michigan, which is a toss-up state The problem is the state of Pennsylvania has not been won by a Republican presidential candidate since 1988 by George H.W. Bush.

For six presidential elections, Democrats have won a consistent set of 18 states, giving them a base of 242 electoral college votes even before counting any of the biggest swing states. The Trump campaign finds themselves playing defensive in a large majority of the usual swing states and even sees some states that have traditionally voted Republican-leaning Democrat this election. This gives the Clinton campaign a more offensive outlook in most of the usual toss-up states.

Most projections, including the average of each state’s polls, show Hillary Clinton winning the presidency over Donald Trump with 322 electoral votes to his 216, a victory of at least 60 per cent if the election was held today. This puts Hillary Clinton in line for a technical political victory landslide!

Outside a major event changing the political climate and the American electorate, I believe this race is on track to see the biggest electoral college win since the 1992 presidential election when incumbent President George H.W. Bush lost with his 168 electoral votes to Bill Clinton’s 370. We have exactly three more months to watch this unravel…

http://www.huffingtonpost.ca/remi-francoeur/trump-wins-presidency_b_11321282.html

Bernie Sanders, un politicien québécois

J’aimerais bien qu’un jour le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, le candidat aux primaires démocrates, soit candidat aux prochaines élections québécoises. Mais je sais, je rêve.

La proximité de l’ancien maire de Burlington avec les Québécois m’a toujours étonné – et je ne parle pas que de proximité géographique. Le modèle de société et les valeurs qu’il met de l’avant dans la présente campagne sont très proches du modèle et des valeurs québécoises.

Pensons à l’économie, mais également au rapport entre l’État et ses concitoyens et concitoyennes. Et il ne s’agit pas d’une conversion récente, le politicien défend sa vision sociale depuis des décennies. Dans un pays où la classe moyenne est en déclin et où les citoyens se désintéressent de plus en plus de la politique, Bernie Sanders dénonce avec conviction les inégalités et propose des changements fondamentaux dans le rôle même de l’État. Et ça prend une bonne dose de courage dans un pays où le mot progressiste est synonyme d’extrémiste.

Il est contre l’oléoduc Keystone XL, une position semblable à celle qui fait consensus chez les Québécois et les Québécoises. Il prône une réduction de la consommation de pétrole et une prise de conscience collective de la responsabilité environnementale. Le parallèle est facile à faire.

Et le sénateur du Vermont exige une réforme du financement des partis politiques. Il en a même fait l’enjeu central de sa campagne. Il s’oppose à la décision «Citizens United» rendue par la Cour suprême des États-Unis qui permet aux entreprises de participer financièrement aux campagnes politiques de manière quasi illimitée.

Bernie Sanders est proche des mouvements ouvriers et défend, au pays de l’oncle Sam, les luttes syndicales. Il croit que chaque travailleur et travailleuse devrait «avoir son mot à dire sur son avenir économique».

Il veut combattre les changements climatiques pour sauver la planète. Il reconnait l’existence et les effets du phénomène du réchauffement climatique, ce qui semble évident ici, mais ne fait pas l’unanimité chez nos voisins du Sud.

Le candidat aux primaires démocrates défend les millions d’Américains qui travaillent pour des salaires insuffisants. Il propose de hausser le salaire minimum à 15$/h. Et il trouve déraisonnable que les femmes gagnent moins que les hommes à travail égal. Il prône l’équité salariale.

Il soutient la communauté LGBT et réclame l’égalité pour toutes et tous. Il exige la couverture universelle en matière de santé et la réduction des frais pour les médicaments d’ordonnance. Il se dit pacifiste et exige que les riches et les grandes corporations paient leurs justes parts d’impôt.

Cher Bernie, j’ai un message pour toi, et comme le dit le poète, je tutoie les gens que j’aime:

«Tu ne parles peut-être pas notre langue, mais tu t ‘inspires de ce qu’on aime et tu présentes une vision qui nous ressemble. Un certain René a dit un jour «Est Québécois qui veut l’être».

Allez! Avoue-le, tu es Québécois. Je te souhaite tout le succès du monde à la présidentielle, mais si jamais ça marche pas à ton goût viens-t-en ici. On a peut-être une job pour toi».

Le dernier Franco-Américain ?

Bonjour. Mon nom est Rémi Francœur et je suis québécois. J’habite Montréal depuis quelques semaines.

Je suis né et j’ai grandi à Manchester NH, à peine à quatre heures au Sud de Montréal, dans un quartier francophone. Mes amis et ma famille y parlaient français et je n’ai commencé à parler l’anglais qu’à l’âge de cinq ans.

Les gens de ma ville appelaient ce quartier «Le P’tit-Canada». Mais moi, j’étais quelque chose de grand. Un peuple fondateur, d’une culture qui dépasse les frontières et sillonne l’Amérique toute entière. Je ne me suis jamais senti p’tit-canadien. Mon cœur a toujours battu la mesure des sets carrés, des tartes aux sucres, des pâtés chinois, des poutines et des tourtières de chez nous.

Pour mes parents l’expression «canadien-français» nous désignait nous tous, ceux qui parlions français en Amérique, sans considération des frontières géographiques. Les autres, c’était les anglais.

Évidemment, mon père et ma mère, comme tous les francophones qui m’entouraient avaient presque tous quitté le Québec à l’époque où le nom était obligatoirement accolé au qualificatif bien humble de province, bien avant sa Révolution Tranquille. Bien avant la montée du nationalisme. Bien avant son émancipation. Passionné de tout ce qui se passait au pays de mes aïeux, j’avais compris tout ce que comportait désormais le sens du mot canadien et j’ai grandi, conscient de mon devoir de mémoire.

Aujourd’hui je parle français avec un accent d’une autre époque, celui de mes grands-parents. Une langue isolée de la France, isolée du Québec, diluée dans l’américanité et et qui ne me permet plus que de parler avec les vieux et les vieilles. Pour les plus jeunes, comme moi, le français et nos racines, sont devenu un symbole de pauvreté qui nous ancre dans l’isolement. Sans fierté, un peuple s’asphyxie.

Je ne suis pas d’une culture bilingue. Je suis francophone, nord-américain de descendance canadienne française, et désormais, je serai québécois.